Le 15 décembre 2008,
A quatre ou cinq jours de la Guadeloupe !
(Quand David et Irène sont venus choisir leurs chatons en avril 2007, Irène, américaine, ne connaissait que quelques mots de notre langue. Elle prenait des cours de cuisine à Paris puis a appris le français à la Sorbonne. Le résultat est incroyable et admirable… pour notre plus grand plaisir !)
On est le 18ème jour en mer avec nos petites bêtes. Ils ont commencé à crier à huit heures du matin, comme d’hab. Il faut s’exprimer quand la faim apparaît le matin. Mais, l’heure du petit déjeuner c’est neuf heures, alors une menace avec le pulvérisateur fait taire Epsilon pour le moment. Sputnik, il est un peu plus difficile. C’est bizarre, mais on reconnaît leur voix.
Sputnik chante doucement, plaintivement et ses miaulements peuvent continuer dix secondes. Il est le soprano de la famille. Epsilon est plutôt le ténor. J’ai lu que le Bleu Russe n’est pas bavard, mais je vous assure qu’Epsilon parle. Sputnik crie, mais elle s’exprime. Elle communique ses frustrations, ses salutations, ses joies, et, bien sûr, sa faim, tout avec différentes intonations et expressions. C’est bizarre.
Enfin, le petit déjeuner est servi à neuf heures moins dix aujourd’hui, parce qu’ils sont trop mignons. Il faut avoir de la discipline, mais dix minutes ça va, non ?
On a beaucoup pêché dans cette traversée. Les dorades coryphènes sont nombreuses.
Je suis un peu déçue parce qu’elles sont très petites… seulement 2-4 kilos – poissons de taille Sputnikienne !
On mange ce poisson à la tahitienne (une espèce de céviche avec lait de coco), en sauce curry thaïlandais, en paella, ou simplement en papillote. Il me faut 20 minutes pour enlever et nettoyer les filets d’un poisson de 3 kilos, mais après, je passe 30 minutes à nettoyer et enlever la peau de la tête pour préparer un fumet.
La tête de la dorade coryphène fait un très bon fumet avec beaucoup de corps que j’utilise dans les paellas. Enfin je passe une bonne heure incluant le nettoyage des outils et du plan de travail (avec alcool pour bien désinfecter). Cela fascine Sputnik, mais Epsilon préfère dormir. |
Il reste une heure entière à mes pieds, sans rien dire, mais regardant chaque mouvement.
Des fois j’ai été tentée de lui donner un petit morceau. On connaît un autre couple avec leur chat sur un voilier qui lui donne un morceau de chaque poisson pêché pendant le nettoyage.
Câline (la chatte) attend avec impatience son morceau.
Sputnik n’a pas encore reçu du poisson cru. J’ai peur parce que j’ai lu que le poisson cru peut créer des problèmes nutritionnels chez le chat, mais sur tout ils sont assez gâtés.
Epsilon est plutôt fascinée par les poissons volants. Dans la nuit, les poissons volants ne peuvent pas voir le bateau et ils atterrissent souvent dans le trampoline devant ou le cockpit derrière.
Epsi, collée à la fenêtre, avec ses petites oreilles tout en attention bat sa queue violemment chaque qu’un poisson crash sur le bateau. Il faut qu’on laisse la porte du carré fermée.
Une fois, David et moi étions en train de dîner dans le cockpit. Il faisait chaud, et on a laissé la porte ouverte pour aérer le carré. Les chats ne sont pas permis dehors, parce que Epsilon en particulier est une telle chasseuse qu’on a peur qu’elle tombe à l’eau en poursuivant un oiseau ou un insecte.
On était en train de dîner… quand on a vu Epsi courir un mètre dans le cockpit après les ombres qui sautent sur l’océan.
On a failli avoir une crise cardiaque, et on a fermé la porte. Si David et moi un jour habitons dans une maison avec grand jardin, elle sera la terreur des oiseaux.
Comme j’aime la pêche, j’ai une admiration pour la chasse, et par rapport à sa taille, je ne connais pas une plus grand chasseuse qu’elle.
On est à quatre ou cinq jours de la Guadeloupe.
Je vous écrirai plus tard.
Irène
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